ADRIEN P

Surtout, ne pas pleurer devant les copains. Ni dans la rue. César, collégien en classe de 5e, fonce tête baissée jusque chez lui. Et, dès la porte refermée, explose en larmes. Arsène, lui, a 15 ans, et son entourage le décrit comme « hyperémotif » car il lui est déjà arrivé de pleurer en public. Le lycéen explique : « Au collège, on n’a pas le choix. Il ne faut jamais craquer devant les autres. Heureusement, au lycée, ça change un peu. Les gens sont plus matures, on peut être soi-même. »

Sa mère, institutrice et directrice d’école, constate que « les adultes ne réagissent pas de la même façon devant les larmes des garçons et celles des filles. Les injonctions sont très fortes. On laisse pleurer les petits garçons en maternelle, mais, dès l’école élémentaire, leurs larmes sont moins tolérées et se font plus rares ». Et ce, même en 2026, alors que les questions de genre ont envahi l’espace public. L’énormité du constat interroge. Les hommes n’auraient donc toujours pas le droit de pleurer ? « S’il y a un invariant de l’histoire moderne de la masculinité, explique le psychologue Kevin Hiridjee, auteur de Ce que les hommes ne disent pas (Albin Michel, 224 pages, 20,90 euros), c’est que les larmes des hommes doivent être réprimées. La conscience masculine s’est construite autour d’un commandement : “Boys don’t cry.” » Manifestement, cela dure.

Il vous reste 82.41% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.