Jusqu’à quand laissera-t-on sans broncher un pays se faire détruire maison par maison, village par village, route par route, champ par champ ? Jusqu’à quand laissera-t-on sans broncher une armée ivre de guerre envahir un Etat indépendant, membre des Nations unies, et ses dirigeants clamer que toute une partie de ce pays est une « zone de combat » où ils peuvent bombarder à leur aise et lancer leurs missiles sur tout ce qui bouge ? Jusqu’à quand ce massacre sera-t-il accompagné du silence assourdissant de ce qu’on appelle encore la « communauté internationale » ? La plupart des monarchies arabes sunnites, obnubilées par l’Iran, voient avec une certaine satisfaction Israël faire le « sale boulot » à leur place. Sur le reste de la planète règne surtout l’indifférence, ou l’attention portée par les nations voisines à d’autres tragédies qui les requièrent.
Mais où sont les Occidentaux, qui, depuis plus d’un siècle, contribuent à dessiner la carte du Moyen-Orient ? Surtout, où est l’Europe ? L’adresse minimaliste, formulée dimanche 31 mai sur le réseau social X, du président Emmanuel Macron estimant que « rien ne justifie l’escalade majeure en cours au Sud Liban » ne suffit pas à cacher le silence dans lequel se mure l’Union européenne (UE).
Que les Etats-Unis de Donald Trump laissent faire leur allié n’est pas étonnant, encore que le président américain continue de se tirer des balles dans le pied en soutenant jusqu’à l’absurde un Benyamin Nétanyahou dont la folie meurtrière ne connaît plus aucune limite. Mais les Européens ? Après avoir consenti – par leur complicité ou, au mieux, leur passivité – à la destruction de Gaza, après avoir renoncé à toute sanction sérieuse contre le gouvernement israélien et ses ministres au discours génocidaire, au mépris de leurs propres lois, ils se taisent aujourd’hui, sans avoir même la décence d’une déclaration qui dénoncerait le scandale de cette invasion.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « Les Israéliens veulent détruire les hommes et les pierres » : fuir ou rester, l’impossible choix des habitants de la nouvelle « zone active de combat » au LibanAprès tout, dit-on mezza voce, il s’agit d’une campagne contre le Hezbollah, qui continue de menacer les villes du nord d’Israël. Il n’est pas question ici de dédouaner le Parti de Dieu, qui porte une lourde responsabilité dans la reprise de la guerre et a offert aux jusqu’au-boutistes israéliens le prétexte dont ils rêvaient pour repartir à l’assaut du pays du Cèdre. Il s’agit de ne plus se mentir, ni de mentir aux autres : il n’y a plus aucune commune mesure entre les dégâts causés par les missiles et les roquettes de la milice chiite et le monstrueux arsenal déployé au Liban par l’une des armées les plus puissantes du monde.
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