Des aménagements sur la place de Cybèle, à Madrid, en prévision de la visite du pape, le 4 juin 2026. THOMAS COEX/AFP

Avant même de poser le pied sur le sol espagnol, le pape Léon XIV a contribué à améliorer les relations entre l’Eglise catholique nationale et le gouvernement du premier ministre Pedro Sanchez. Les préparatifs de la visite ont rapproché l’exécutif socialiste et une institution qui, malgré son déclin démographique, demeure un acteur économique et social de premier plan. Toutefois, derrière la cordialité affichée, les tensions persistent sur plusieurs sujets sensibles.

Du 6 au 12 juin, Léon XIV visitera Madrid, Barcelone et les îles Canaries. Ce déplacement mettra fin à quinze années d’absence pontificale : le dernier voyage d’un pape dans le pays remonte à août 2011, lorsque Benoît XVI avait présidé les Journées mondiales de la jeunesse à Madrid. François (1936-2025), son successeur, n’avait jamais effectué de visite officielle en Espagne.

Le Vatican a beaucoup œuvré pour que tout se passe bien. « Les relations entre l’Eglise et le gouvernement Sanchez sont moins conflictuelles qu’à l’époque de José Luis Rodriguez Zapatero [2004-2011], lorsque les réformes sociétales du dirigeant socialiste [entre autres le mariage pour tous, en 2005, et la nouvelle loi sur l’avortement, en 2010] avaient provoqué un rude affrontement avec Benoît XVI, analyse Carlos Rodriguez Lopez-Brea, historien à l’université Carlos III de Madrid. Cette entente relative doit beaucoup au Vatican, qui a exercé une pression discrète afin que la visite pontificale se déroule dans un climat apaisé, poussant l’Eglise espagnole à accepter, parfois à contrecœur, plusieurs compromis avec le gouvernement. »

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