Les députés ont validé, jeudi 7 mai, une nouvelle extension de la technique dite de l’algorithme, une technologie de surveillance souvent surnommée « boîtes noires » qui consiste à analyser automatiquement des masses colossales de données de communication.

Cette méthode de surveillance permet aux services de renseignement de déployer des algorithmes qui vont ausculter en temps réel les flux de communication téléphoniques et ceux sur le réseau Internet pour en analyser les métadonnées, comme les adresses IP des internautes visitant tel ou tel site. Chaque algorithme doit être conçu pour chercher des comportements suspects.

Dans le cadre du projet de loi modifiant la programmation militaire jusqu’en 2030, actuellement discuté en première lecture à l’assemblée nationale, les parlementaires ont ainsi ouvert la possibilité d’utiliser cette technologie de surveillance, à l’usage jusqu’ici limité à certains domaines, dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic et le crime organisé. Les « boîtes noires » pourraient ainsi être utilisées pour détecter des menaces « portant sur des délits punis de dix ans d’emprisonnement en tant qu’elles concernent le trafic de stupéfiants, le trafic d’armes et de produits explosifs. »

Lutte contre le crime organisé

Lors de leur introduction en 2015, les « boîtes noires » étaient un dispositif de surveillance exclusivement prévu pour lutter contre le terrorisme. En 2024, une première extension a ouvert la possibilité d’utiliser cette technique dans le cadre de la lutte contre les ingérences étrangères. A l’époque, les députés arguaient que l’algorithme, dont l’efficacité avait été jugée limitée en matière d’antiterrorisme, pouvait en revanche détecter les comportements déjà bien connus de services de renseignement étrangers sur le sol français.

Etendre les « boîtes noires » à la lutte contre le crime organisé, les parlementaires s’y étaient déjà frottés en 2025, lors du projet de loi visant à sortir la France du narcotrafic. Mais cette disposition avait alors été censurée par le Conseil constitutionnel, qui estimait que le texte n’assurait pas « une conciliation équilibrée entre les objectifs de valeur constitutionnelle de prévention des atteintes à l’ordre public et de prévention des infractions et le droit au respect de la vie privée ».

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