La justice péruvienne a ordonné, vendredi 5 juin, le renvoi en procès du candidat de gauche à l’élection présidentielle Roberto Sanchez, accusé d’avoir déclaré de fausses informations à l’autorité électorale au sujet d’apports financiers à son parti entre 2018 et 2020.
Dimanche, Roberto Sanchez affrontera au second tour Keiko Fujimori (Force populaire, droite), fille de l’ancien président autocrate Alberto Fujimori, dans un scrutin qui s’annonce très serré d’après les sondages. Cette décision ne devrait toutefois pas avoir d’incidence sur la tenue du scrutin, M. Sanchez disposant encore d’un délai d’une semaine pour former un recours.
S’il est élu président, Roberto Sanchez bénéficiera de l’immunité prévue par la Constitution péruvienne. « Il existe des motifs suffisants » pour que Roberto Sanchez « soit jugé », a lu le juge Adolfo Farfan dans sa décision à l’issue d’une audience en visioconférence de deux jours.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au Pérou, l’ombre de l’ex-dictateur Alberto Fujimori plane sur le second tour de l’élection présidentielleDes incohérences relevées
Le parquet, qui avait requis une peine de cinq ans et quatre mois de prison, s’est dit « satisfait de la décision ». La défense de Roberto Sanchez a déjà annoncé qu’elle déposerait un recours contre cette décision.
Selon l’accusation, des incohérences ont été relevées dans les rapports financiers de son parti, Juntos por el Peru (Ensemble pour le Pérou), lors de campagnes pour des élections régionales et municipales auxquelles il a participé.
L’affaire avait été présentée une première fois devant les tribunaux en janvier, mais la justice l’avait partiellement rejetée et demandé aux procureurs de reformuler leur dossier. Roberto Sanchez aurait reçu plus de 57 000 dollars (soit environ 49 000 euros) de contributions de membres de Juntos por el Peru pour des activités partisanes, sans les déclarer auprès de l’Office national des processus électoraux (ONPE).
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