En annonçant enfin, jeudi 7 mai, aux responsables politiques de Nouvelle-Calédonie que les élections provinciales auront lieu le 28 juin, Sébastien Lecornu clôt une séquence ratée. Le premier ministre acte dans les faits, même s’il ne le formule pas, l’échec du projet « Bougival », cet accord arraché en juillet 2025, censé créer un nouvel Etat calédonien intégré à l’ensemble français.
Faute de consensus entre les partenaires, cette ébauche statutaire rejetée par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et que l’Etat n’a pas voulu amender, malgré ses lacunes, n’a pu être scellée dans la Constitution. Le projet de loi prévu pour cela a été refusé par l’Assemblée nationale, le 2 avril. Les élections, repoussées trois fois depuis 2019, par exception aux principes démocratiques, doivent se tenir.
M. Lecornu tente cependant, une ultime fois, de satisfaire l’électorat non indépendantiste du territoire, et la droite : il promet une ouverture du corps électoral, gelé dans le cadre de l’accord de décolonisation de Nouméa de 1998. Hors de tout accord institutionnel sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, cette réforme reste une opération aventureuse, tant au Parlement que dans les rues de Nouméa – en 2024, imposée par le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, c’est elle qui a provoqué une insurrection dans le monde kanak.
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