Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, au Mur du souvenir des combattants tombés pour l’Ukraine, à Kiev, le 3 juin 2026, sur une photo distribuée par le service de presse de la présidence ukrainienne. SERVICE DE PRESSE DE LA PRÉSIDENCE UKRAINIENNE/AFP

L’idée mûrissait dans l’esprit de Volodymyr Zelensky depuis fin mai. Au fil des jours, le président ukrainien aurait, aux dires de son entourage, soupesé, seul, chacun des mots employés dans sa lettre, imaginant blesser l’orgueil de son ennemi, Vladimir Poutine, au risque de friser l’humiliation. La missive, cinglante, censée démontrer la supériorité de Kiev sur le champ de bataille et dévoiler les failles militaires, économiques et morales de Moscou, a finalement été envoyée jeudi 4 juin, peu avant que le chef du Kremlin ne s’exprime depuis le Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

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« C’est Zelensky lui-même qui a choisi le moment de le faire et les idées à présenter », assure un officiel ukrainien, membre de l’administration présidentielle. Si le président travaille en étroite coordination avec ses partenaires européens, notamment ceux du « E3 » (Allemagne, France, Royaume-Uni), « personne ne savait qu’il était en train de rédiger cette lettre », jure ce représentant du pouvoir exécutif.

Adressée au président russe, mais destinée en réalité au monde entier, la lettre se présente comme une main tendue à M. Poutine. « L’Ukraine propose de mettre fin à cette guerre », écrit le président ukrainien, suggérant à son homologue de fixer une date pour une rencontre en terrain neutre, comme la Suisse, la Turquie ou un pays du monde arabe, en présence des Etats-Unis et des Européens. En guise de réponse, le président russe a d’abord invité M. Zelensky à Moscou. Puis, regrettant les « éléments d’impolitesse » de la lettre, le chef du Kremlin a affirmé qu’une telle rencontre n’avait « pas d’intérêt » avant qu’un accord final, satisfaisant les objectifs de la Russie, ne soit trouvé.

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