Article réservé aux abonnés
Mettre Le Monde en favori sur GoogleReportageAutour de la tumultueuse rivière d’Arcadie, région montagneuse et berceau du dieu Pan, des sites antiques et des monastères byzantins se dévoilent entre chênes, genêts et châtaigniers. Un « paradis perdu » qui mérite d’être redécouvert.
« Le général Kolokotronis [Theodhoros, 1770-1843] est une légende, tout le monde l’admire en Grèce et encore plus dans cette région, l’Arcadie, car il y est né ! », s’exclame Kostas Lamprou, alors que nous approchons de Dimitsana, la commune dominant les gorges du Lousios où ce physicien et informaticien à la retraite a grandi et où il nous accompagne aujourd’hui. Dans cette partie du Péloponnèse, le portait du héros de la guerre d’indépendance face à l’Empire ottoman (1821-1829), ou de l’un de ses acolytes, est affiché dans chacun des villages traversés. Une route en balcon offre un très bel aperçu du relief escarpé de cette région montagneuse. La rudesse des paysages de maquis et de forêts denses, perchés à plus de 1 000 mètres d’altitude, explique pourquoi les combattants grecs venaient s’y réfugier pour échapper à l’ennemi turc.
Les gorges du Lousios se trouvent au cœur de cette nature foisonnante et sauvage. C’est, par ailleurs, sur les berges de la rivière tumultueuse que la poudre à canon était autrefois fabriquée dans des moulins avec le salpêtre local. Ici, tout le monde connaît la célèbre phrase du général grec : « Nous avions de la poudre, Dimitsana en fabriquait ! » Voilà pour la petite histoire, avant de grimper sur les hauteurs de cette citadelle médiévale implantée sur les ruines de la cité antique de Teuthis. La colline d’Agia Paraskevi offre un point de vue sur la plaine de Mégalopolis (« grande ville »), sur les pentes verdoyantes du mont Ménale et sur les falaises ocre et blanc bordant ces gorges divines.
Il vous reste 79.67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.