Vincent Bolloré, au Grand Palais à Paris, lors de la célébration des 200 ans du quotidien « Le Figaro », à Paris, le 13 janvier 2026. JULIEN DE ROSA/AFP

Pour la première fois depuis qu’il possède des médias, Vincent Bolloré a jugé utile de prendre la plume, dimanche 19 avril, dans Le Journal du dimanche (Le JDD), qu’il contrôle par le biais de Louis Hachette Group, afin de répondre à la vague d’indignation qu’il a soulevée, mardi 14 avril, en limogeant Olivier Nora, le PDG depuis vingt-six ans de la maison d’édition Grasset (filiale de Hachette Livre, dont Vivendi a pris le contrôle en 2023).

Depuis lors, les condamnations du secteur de l’édition ne cessent de pleuvoir. Lettre ouverte d’environ 170 auteurs de la maison Grasset, démissionnaires ; tribune d’Antoine Gallimard, PDG du groupe concurrent Madrigall ; tribune d’un collectif de plus de 200 éditeurs et éditrices ; protestation d’un collectif regroupant plus de 100 salariés de différentes maisons d’édition du groupe Hachette ; appel de 300 écrivains à la création d’une « clause de conscience », etc.

Dans ce billet assez court, intitulé « Séisme ? », Vincent Bolloré décrit le milieu de l’édition comme « une petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous », et il se moque du choc qu’il aurait, selon elle, provoqué. S’il semble minimiser la portée du concert de protestations qu’il a éveillé, l’industriel breton, habituellement peu friand de grandes interventions dans les médias, a malgré tout jugé nécessaire d’orchestrer cette opération de communication aussi inhabituelle qu’inédite, sans qu’il y soit jamais mentionné sa relation au JDD, qu’il contrôle indirectement.

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