Le mémorial dédié aux soldats tombés au front, place de l’Indépendance, à Kiev, le 19 avril 2026. ADRIEN VAUTIER/LE PICTORIUM POUR « LE MONDE »
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Les forces russes ont lancé dans la nuit du 19 au 20 avril une attaque contre l’Ukraine à l’aide de 142 drones de type Shahed – dont certains à propulsion à réaction –, ainsi que de modèles Guerbera, Italmas et d’autres drones, selon l’armée de l’air ukrainienne. Environ une centaine de ces appareils étaient des drones d’attaque à long rayon d’action.
Selon les premières données, les défenses anti-aériennes ukrainiennes ont abattu ou neutralisé par brouillage 113 drones dans le nord, le sud et l’est du pays. Des impacts de 28 drones ont été recensés sur 18 sites, tandis que des débris d’appareils abattus sont tombés en six endroits.
Dissuasion nucléaire, satellites militaires, industrie de défense… sont au menu de la rencontre prévue entre Emmanuel Macron et Donald Tusk, lundi à Gdansk, en Pologne, à renforcer la coopération franco-polonaise pour une Europe plus « forte » et plus « souveraine » face à la Russie et aux Etats-Unis. Ce sommet est la première traduction concrète du traité d’amitié et de coopération renforcée signé le 9 mai 2025 à Nancy, qui a rehaussé la Pologne au niveau des principaux alliés de la France, dont l’Allemagne.
Dans le contexte du conflit en Ukraine et des vives tensions avec Donald Trump sur la guerre en Iran, « les questions de sécurité et de coopération militaire seront les questions-clés » lors des discussions à Gdansk, a esquissé le premier ministre polonais. « Nous avons des points de vue très proches sur la manière de construire la force de l’Europe (…) la souveraineté de la Pologne, de la France et de l’Europe », a-t-il ajouté à la veille de la visite dans sa ville natale.
Avec, au cœur des discussions, la dissuasion nucléaire « avancée », proposée le 2 mars par Emmanuel Macron à huit pays européens, Allemagne et Pologne en tête, avec possibles exercices conjoints et stationnements d’avions français équipés de la bombe chez ses alliés.
Le président français, accompagné de quatre ministres (armées, affaires étrangères, énergie et culture), est attendu dans la matinée à Gdansk, symbole des soubresauts européens du XXe siècle, à environ 150 kilomètres de Kaliningrad, avant-poste de la Russie dans l’Union européenne, entre Pologne et Etats baltes. Cette grande cité de la Baltique est aussi à portée immédiate des missiles Iskander stationnés à Kaliningrad, marqueur de la menace potentielle russe en Europe.
Dans ce contexte chargé, les deux dirigeants vont notamment discuter d’une possible « participation conventionnelle » de la Pologne à la dissuasion française, même si la France restera souveraine dans l’emploi de la force, a précisé l’Elysée. Les forces polonaises pourraient apporter une contribution sur « l’alerte avancée, la défense aérienne ou les frappes dans la profondeur » en cas de conflit nucléaire, relève Paris.
L’Elysée promet aussi la signature d’un partenariat sur un « projet de satellite de communication militaire », avec « des opérateurs français, polonais et autres européens », alors que la Pologne développe ses capacités en la matière.
Autre sujet-clé, la « préférence européenne » dans l’acquisition de matériels de défense dont Emmanuel Macron a fait un cheval de bataille au risque de braquer ses partenaires, notamment est-européens, très attachés au lien avec les Etats-Unis.
La Pologne a massivement investi ces dernières années dans la modernisation de ses forces armées. En 2026, ses dépenses militaires devraient dépasser 4,8 % du PIB, loin devant ses partenaires européens, faisant de son budget l’un des plus élevés de l’OTAN. Mais elle a surtout passé des « commandes pharaoniques de F35, hélicoptères d’attaque Apache, missiles Patriot et chars Abrams » américains, souligne un diplomate européen proche du dossier.
Le président nationaliste, Karol Nawrocki, arguant d’une menace sur « l’indépendance » de son pays, s’oppose à la participation de la Pologne au programme Safe de l’Union européenne, synonyme de dizaines de milliards d’euros pour sa défense. Et, si elle a retrouvé des élans pro-européens avec Donald Tusk, la Pologne reste fondamentalement attachée à la relation avec les Etats-Unis.
Un homme est mort dans une attaque de drone à Touapsé, ville russe du bord de la mer Noire attaquée pour la deuxième fois en moins d’une semaine, ont annoncé lundi les autorités du kraï de Krasnodar où elle se trouve.
Touapsé a fait l’objet d’une « nouvelle attaque massive de drones » et « selon les premières informations, un homme a été tué dans le port maritime », a écrit le gouverneur de Krasnodar, Veniamin Kondratiev, sur Telegram. « Un autre homme a été blessé et reçoit l’assistance médicale nécessaire », a-t-il ajouté sur Telegram. Il a également fait état d’un incendie déclaré dans le port de la ville baignée par la mer Noire.
Le 16 avril, le gouverneur avait rapporté la mort d’une adolescente de 14 ans et une jeune femme dans une attaque nocturne de drones ukrainienne ayant visé cette même ville.
Le ministère de la défense russe a par ailleurs annoncé que les systèmes de défense antiaérienne ont « intercepté et détruit 112 drones ukrainiens » dans la nuit de dimanche à lundi.
Depuis le début de son invasion à grande échelle de l’Ukraine, en février 2022, la Russie bombarde régulièrement l’ensemble du territoire ukrainien, notamment ses infrastructures essentielles. En réponse, Kiev frappe des cibles en Russie, assurant viser des sites militaires mais aussi énergétiques afin de réduire la possibilité pour Moscou de financer son effort de guerre.
Crédité d’environ 130 sièges sur 240 au Parlement, M. Radev obtient une majorité absolue dans un pays marqué par une grande fragmentation politique au cours des dernières années. Ancien membre du Parti communiste, il a souvent pris des positions ambiguës sur la Russie, considérant que la Crimée « est russe » ou critiqué les sanctions européennes prises en représailles de la guerre en Ukraine.
Bien qu’issu de la gauche il a aussi affiché plusieurs fois sa proximité avec le premier ministre hongrois nationaliste sortant, Viktor Orban, battu dans les urnes le 12 avril. Pour autant, M. Radev s’est toujours défendu d’être proche du Kremlin et a toujours affirmé être favorable à l’appartenance de son pays à l’Union européenne.
Le ministre de l’intérieur ukrainien a annoncé que deux policiers, accusés d’avoir fui la scène de la fusillade survenue samedi à Kiev, qui a fait six morts, ont été suspendus et que leur conduite fait l’objet d’une enquête.
Samedi, un homme a ouvert le feu dans un quartier résidentiel de la capitale avant de se retrancher, avec des otages, dans un supermarché voisin, où il a finalement été abattu par les forces de l’ordre.
Une vidéo montrant deux agents, en uniforme et en gilet jaune, debout près d’une personne au sol, puis se mettant à courir alors que retentissent des coups de feu en la laissant seule, a provoqué la colère en Ukraine.
« C’est une honte pour l’ensemble du système. Ils ont été suspendus et une enquête est en cours », a déclaré dimanche le ministre de l’intérieur, Ihor Klymenko, dans un communiqué sur Telegram. M. Klymenko a cependant appelé à ne pas « généraliser », soulignant la réaction « rapide et professionnelle » des autres agents des forces de l’ordre dépêchés sur place.
Le parquet ukrainien a annoncé l’ouverture d’une enquête criminelle sur la conduite des policiers suspendus. Ces deux agents « n’ont pas évalué la situation correctement et ont laissé des civils blessés en danger », a affirmé le chef du département de la police de patrouille, Ievgueni Ioukov, lors d’une conférence de presse dimanche. Il a présenté sa démission.
Les motivations de l’auteur présumé de cette rare fusillade dans une Ukraine confrontée à l’invasion russe depuis plus de quatre ans ne sont pour l’instant pas connues. Il s’est servi d’une arme enregistrée, selon les autorités.