Le premier ministre slovène, Robert Golob, au Parlement de Ljubljana, dans la soirée du 22 mars 2026. DENES ERDOS/AP

L’incertitude politique s’accentue en Slovénie. Le premier ministre sortant, Robert Golob, qui avait revendiqué la victoire aux législatives du 22 mars, a annoncé lundi 20 avril renoncer à former un gouvernement, faute d’avoir trouvé un partenaire de coalition après plusieurs semaines de discussions.

« Nous avons hâte de travailler au sein de l’opposition », a dit M. Golob, dont le parti de centre-gauche, Mouvement pour la liberté (GS), a obtenu 29 sièges sur les 90 du parlement, tandis que le Parti démocratique slovène (SDS) de Janez Jansa, l’ancien premier ministre pro-Trump, en avait remporté 28. Le chef de la droite ultraconservatrice espérait revenir au pouvoir au terme de quatre années dans l’opposition, mais M. Golob l’avait finalement devancé, après avoir été donné en seconde place dans les sondages pendant toute la campagne.

M. Jansa, qui pendant sa campagne avait affirmé qu’il ne formerait de gouvernement qu’en cas de majorité confortable, a déclaré ne pas l’envisager pour le moment. « Nous pouvons attendre calmement dans l’opposition que ceux qui ont provoqué ce chaos y fassent face », a-t-il dit, tout en se déclarant prêt à gouverner « dès demain ».

« Le SDS est le seul parti qui s’est présenté aux élections avec un programme complet et une équipe pour former un gouvernement. Nous pouvons commencer à appliquer ce programme dès demain. Nous pouvons former un gouvernement qui sera bien meilleur que l’actuel », a-t-il ajouté.

Accusations d’ingérence étrangère

Le 10 avril, le nouveau Parlement slovène s’est réuni pour sa séance inaugurale et a élu le chef du parti antisystème Resnica (Vérité), Zoran Stevanovic, comme président. M. Stevanovic avait été proposé par les conservateurs menés par Janez Jansa.

La cheffe de l’Etat, Natasa Pirc Musar, doit proposer un candidat au poste de premier ministre au Parlement dans un délai de 30 jours à compter de cette séance inaugurale. Si le candidat n’obtient pas la majorité, la loi fixe un délai de 10 jours pour que les partis proposent un nouveau candidat.

Dans un climat inhabituellement tendu pour ce pays de 2 millions d’habitants, issu de l’ex-Yougoslavie et membre de l’Union européenne, les élections législatives avaient été marquées par des accusations de corruption et d’ingérence étrangère. Les autorités ont accusé la société israélienne de renseignement Black Cube d’avoir cherché à favoriser M. Jansa et à déstabiliser M. Golob, en suggérant des faits de corruption au sein du gouvernement sortant.

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Le Monde avec AFP

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