Le juge supervisant la procédure de faillite de Saks Global a approuvé, vendredi 5 juin, le plan de sauvetage du groupe américain. « Je pense qu’il s’agit d’un résultat extraordinaire car l’entreprise (…) se trouvait dans une situation très détériorée », a déclaré le juge Alfredo Perez, du tribunal fédéral des faillites du district sud du Texas, lors d’une audience d’environ trois heures, vendredi 5 juin.
Après annonce de la décision, le groupe, propriétaire des grands magasins de luxe Saks Fifth Avenue, Neiman Marcus et Bergdorf Goodman, a déclaré dans un communiqué anticiper une émergence de la procédure « dans les prochaines semaines », soulignant que sa dette avait été réduite « de près de 75 % ».
Selon des médias américains, elle atteignait environ 3,4 milliards de dollars (environ 2,9 milliards d’euros) en janvier. « Obtenir l’approbation de notre plan est un accomplissement incroyable », a commenté Geoffroy van Raemdonck, appelé à la rescousse en janvier pour diriger Saks Global, cité dans le communiqué.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Comment les marques de mode utilisent l’IA pour leurs créations« Le vaste soutien que nous avons reçu de nos investisseurs, des marques et des autres partenaires reflète la confiance dans notre avenir », a-t-il ajouté. Le groupe avait annoncé le 14 janvier s’être placé sous la protection de la loi sur les faillites (dite Chapitre 11). Il avait alors sécurisé un financement d’environ 1,75 milliard de dollars auprès d’investisseurs, et a depuis obtenu des fonds supplémentaires.
« Bilan renforcé »
Le plan, soumis en mai au vote des créanciers, a été « approuvé de manière écrasante », a révélé en début d’audience Debra Sinclair, avocate au cabinet Willkie Farr & Gallagher, qui représente le comité des créanciers. Le juge a considéré que ce comité et les différentes parties – en particulier les fournisseurs, de grandes marques de luxe – permettaient au groupe, « et les éléments sont indiscutables, de retomber sur ses pieds ».
Selon lui, les porteurs de créances non sécurisées vont même « recevoir une compensation substantielle, si ce n’est totale ». Il a écarté les quelques oppositions au plan, estimant qu’il avait été élaboré « de bonne foi », lors d’un « processus approfondi » et « consensuel ».
Le magistrat a dit n’avoir constaté « aucune discrimination injuste » envers des individus, en particulier les anciens dirigeants, ou des créanciers. Debra Sinclair avait détaillé en ouverture le plan élaboré « après des mois de négociations acharnées et d’efforts sans relâche ». « En son cœur, ce plan fournit de nouvelles fondations financières à trois des plus importants noms de la distribution de luxe aux Etats-Unis », a-t-elle affirmé.
D’après elle, le groupe dispose désormais d’« un bilan renforcé, d’un réseau de magasins correctement calibré, de relations commerciales renouvelées et d’une meilleure focalisation sur le commerce du luxe ».
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’industrie du luxe frappée par la guerre au Moyen-OrientLe groupe, basé à New York, comptait environ 70 magasins (hors réseaux de déstockage) en Amérique du Nord en janvier. Il n’en contrôle plus que 49 et emploie plus de 15 000 personnes, a précisé Mme Sinclair. Il avait entre 16 000 et 17 000 employés avant la faillite. Non cotée, l’entreprise ne publie pas de résultats. D’ici 2030, elle vise une valeur brute de marchandises d’environ 9 milliards de dollars et un chiffre d’affaires net de 7,2 milliards, a indiqué l’avocate.
S’abonner