Malika Baouya ne dort presque plus. Dès qu’elle ferme les yeux, elle revoit les soldats. Quand elle finit par s’endormir, elle rêve de coups et de traces laser que les armes laissent quand elles visent. L’infirmière intérimaire niçoise de 48 ans, militante de la cause palestinienne et mère de trois enfants, rencontrée par Le Monde vendredi 5 juin, a été interpellée par les autorités israéliennes dans la nuit du 18 au 19 mai et, selon son témoignage, « torturée ». Elle faisait partie des 430 militants – dont 37 Français – qui avaient quitté la Turquie, le 14 mai, avec pour objectif de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.
Gravement blessée aux cervicales, Malika Baouya a d’abord dû être hospitalisée d’urgence en Turquie, le 21 mai, avant de pouvoir être rapatriée à Nice le 26 mai, où elle a atterri en chaise roulante au côté de Scott Moreau, un autre membre de la flottille. Le jeune libraire de 26 ans a eu le tympan perforé et un poumon abîmé par son « tabassage ». L’étendue de leurs blessures a été documentée par le consulat dès leur arrivée à Istanbul, et attestée par des documents médicaux vérifiés par Le Monde.
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