A Kamechliyé (Syrie), un premier convoi d’environ 400 familles de déplacés syriens prend la route du retour vers la région d’Afrin, le 9 mars 2026. DELIL SOULEIMAN/AFP

Perchée sur une colline, au milieu des champs d’oliviers, Sharran reprend vie. Des habitants de cette localité kurde de la campagne d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, retapent leur maison. Sur son pas-de-porte, Zalikha Jabo s’enquiert auprès d’une voisine des mariages et des naissances au sein de sa famille. Après huit ans d’exil, la Kurde syrienne de 70 ans s’est réinstallée dans sa maison en février. Sans portes ni fenêtres. « Ce doit être l’Armée syrienne libre. Ces terroristes ont tout volé. Une famille habitait chez moi il y a encore un an », dit la vieille dame, coiffée d’un voile blanc tombant sur sa robe noire.

Elle avait fui Sharran en mars 2018, lorsque les forces kurdes des Unités de protection du peuple avaient été chassées de la région d’Afrin par l’Armée syrienne libre, une coalition de rebelles syriens soutenus par la Turquie. Des 200 familles qui peuplaient la ville, seules 60 ont fait leur retour.

« Ceux qui étaient avec le parti [kurde de l’Union démocratique, PYD] ne sont pas revenus, se souvient un notable de la ville qui a requis l’anonymat. La vie était difficile avec les factions armées. On a été menacés, frappés, insultés et volés. » Des déplacés de tout le pays, fuyant le régime Al-Assad, se sont installés. « Ils ont pris les maisons, les magasins et les champs d’oliviers de ceux qui étaient partis. Les autres étaient soumis à une taxe de protection sur les propriétés et les champs », poursuit-il.

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