Les œuvres de Pascal Pinaud, exposées au centre d’art Les Tanneries à Amilly (Loiret). LES TANNERIES

Le 30 mai, le vernissage de la nouvelle exposition « Abstraction, abstractions ! » du centre d’art Les Tanneries à Amilly (Loiret) avait des airs de baptême du feu. Le premier crash-test culturel pour Tom Collen-Renaux, le maire élu en mars avec l’étiquette du Rassemblement national.

Pendant la campagne des municipales, ce magistrat de 26 ans s’en était pris à l’art contemporain et la musique baroque, deux spécialités locales, coupables d’être de vilains marqueurs « élitistes » – tout en assurant ne pas vouloir détruire ce qui existe. De quoi faire trembler Les Tanneries, qui accueillent 12 000 visiteurs par an, dont 60 % vivent à moins de 25 kilomètres. La commune en est le premier financeur, avec une enveloppe annuelle d’environ 500 000 euros, loin devant l’Etat, l’agglomération de Montargis, la région et le département.

Les prises de parole précédant le vernissage étaient lourdes de sous-entendus. Le directeur du centre d’art, Eric Degoutte, évoque pudiquement un « temps singulier », formule à double détente qui peut tout aussi bien annoncer les 10 ans en octobre de ce magnifique écrin bordé d’arbres que l’arrivée d’un nouveau maire. Le commissaire invité, Thierry Davila, a lui insisté sur l’importance de cet espace « précieux » qu’il faut absolument préserver. Le maire a opiné devant ces mots avant de prendre lui-même la parole.

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