L’agencement de la grande salle qui accueillait la première réunion publique française sur le grand projet européen d’accélérateur de particules entre la France et la Suisse, jeudi 4 juin, à Archamps (Haute-Savoie), a semblé dérouter les 138 personnes présentes (85 ont aussi participé aux échanges par visioconférence). En majorité composée d’opposants, l’assistance était plutôt venue pour un échange direct sur ce grand projet d’exploration de l’invisible.

A la place, la Commission nationale du débat public, organisatrice de la soirée saisie par les deux porteurs de projet, le CERN (Laboratoire européen pour la physique des particules) et RTE (Réseau de transport d’électricité), avait prévu une soirée d’arpentage. Par cette méthodologie issue de l’éducation populaire, il s’agissait d’obliger les participants à se plonger dans le complexe dossier de présentation du projet, en les répartissant par petits groupes sur différentes tables, chacun se penchant sur l’étude d’un passage du projet avant une restitution collective. « J’ai l’impression de perdre mon temps », souffle une femme au moment de plancher sur sa copie.

Au même moment, quelques tables plus loin, un homme a la voix qui porte, tel un meneur de troupe. Il prendra la parole au nom de son groupe lors de la restitution collective. « Des impacts environnementaux, il va y en avoir avec ce projet. Et, en général, quand vous ne gênez pas les gens, vous gênez les animaux, les plantes et accessoirement nous, les agriculteurs », avance alors l’opposant haut-savoyard, chargé d’étudier les impacts de ce projet d’accélérateur de particules en termes d’emplois.

« Vous écrivez que ce projet va créer pratiquement 800 000 années-personnes d’emploi, soit environ 27 000 emplois par an en moyenne. On ne va pas les loger dans la Creuse, ces gens. Alors on les loge où, comment, sur quel terrain ?, interroge-t-il, alors que la région souffre déjà du manque de logements. Et quelles infrastructures on va devoir encore créer pour leurs loisirs, leur quotidien ? »

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