Sophie Binet, lors du 54ᵉ congrès de la CGT à Tours, le 5 juin 2026. CYRIL BITTON/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Le parallèle est tentant. En décembre 1920, la gauche se scindait en deux branches, aboutissant plus tard à la fondation du Parti communiste et du Parti socialiste, à l’occasion d’un congrès de la Section française de l’Internationale ouvrière, à Tours. Celui que la CGT vient de tenir dans la même ville d’Indre-et-Loire, du lundi 1er au vendredi 5 juin, obéit à la dynamique inverse : il est synonyme de stabilisation et traduit un puissant désir de cohésion, alors que le deuxième syndicat de France était au bord de l’implosion il y a trois ans.

Portée, fin mars 2023, à la tête de son organisation dans un climat de violentes querelles intestines, Sophie Binet a été réélue secrétaire générale, jeudi 4 juin, à la quasi-unanimité. Sa victoire, comme elle l’a dit, le lendemain, en clôturant le congrès, récompense les efforts déployés pendant son premier mandat pour apaiser la communauté cégétiste : « C’est toujours celui qui rassemble qui gagne et cet enseignement vaut partout, tout le temps. »

Voulant montrer que cette réconciliation était le fruit d’une œuvre collective, la quadragénaire a rendu hommage, pendant près de neuf minutes de son discours (sur quarante-quatre) aux membres des deux instances de direction qui cessent leurs responsabilités en les citant par leur nom (il y en avait une trentaine).

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