Une horloge dans les décombres d’un immeuble détruit par une frappe israélienne dans le quartier de Bachoura à Beyrouth, le 18 mars 2026. RAFAEL YAGHOBZADEH POUR « LE MONDE »

Ahmad et Najat Jammoul, 75 et 70 ans, ont dû louer en urgence un appartement avec leurs deux filles trentenaires. Ali Baghdadi, 65 ans, et sa famille ont été contraints de s’installer à l’hôtel. Ali Ayoub, 37 ans, son épouse et leur fille de 8 ans se sont réfugiés chez des proches. Tous habitaient l’immeuble Ahmad Abbas 714, à Bachoura, un quartier à majorité chiite du centre de Beyrouth. Le bâtiment a été pulvérisé le 18 mars par l’armée israélienne, alors que le jour se levait. Il n’y a pas eu de morts ni de blessés parmi les résidents, qui ont eu le temps d’évacuer. Mais en une fraction de seconde, les efforts d’une vie sont partis en fumée.

L’édifice récent de 11 étages totalisait 36 appartements, répartis en deux blocs, et deux magasins au rez-de-chaussée. Il ne reste plus que trois carcasses de murs et un amas géant de béton et de fer. Les travaux de déblayage devaient commencer mercredi 6 mai. Vivaient là des ingénieurs, des médecins, des enseignants de l’université américaine de Beyrouth, des officiers de l’armée, des retraités… Un couple, s’apprêtant à se marier, aménageait son foyer. Des appartements étaient inoccupés : leurs propriétaires vivaient à l’étranger, une situation courante dans ce pays qui compte une vaste diaspora.

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