Toutes proportions gardées, la polémique développée autour des professions habilitées ou non à travailler le 1er-Mai ressemble à ce qui avait empoisonné la fin du quinquennat de François Hollande. Adopté le 17 février 2015 grâce à l’article 49.3, le projet de loi pour la croissance et l’activité défendu par Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, se donnait, entre autres, pour ambition de déverrouiller l’économie française.
Les dispositions concernant la libéralisation du travail du dimanche avaient mis les syndicats et la gauche sens dessus dessous et obligé le président de la République à déminer le sujet, alors qu’une compétition à qui serait le plus libéral s’était engagée entre son premier ministre, Manuel Valls, et l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée récemment promu.
Ce rôle de démineur est aujourd’hui tenu, à propos du 1er-Mai, par Sébastien Lecornu. Le premier ministre est confronté à une compétition entre la droite sénatoriale et une partie du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, pilotée par Gabriel Attal, qui préfigure la bataille présidentielle de 2027 : au nom de la défense de la valeur travail et de celle du pouvoir d’achat, devenu la première préoccupation des Français, il s’agit de faire tomber un maximum de tabous quitte à prendre les syndicats de front.
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à son arrivée à un déjeuner avec les dirigeants du Medef, à Paris, le 20 avril 2026. DIMITAR DILKOFF/AFPIl vous reste 79.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.