Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf à Téhéran, le 1er février 2026. AGENCE DE PRESSE DE L’ASSEMBLÉE CONSULTATIVE ISLAMIQUE (ICANA)/AFP
Posez votre question à la rédaction :
Cinquante-deux navires ont été contraints de faire demi-tour ou de regagner leur port d’attache en raison du blocus naval imposé par les États-Unis à l’Iran, a annoncé le Commandement central des États-Unis (CentCom), dans un message sur X.
Washington a imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l’opération Project Freedom (« Projet Liberté ») pour permettre à des centaines de bateaux bloqués dans le Golfe de franchir le détroit. Mais cette opération a été suspendue dès le lendemain après ce que le président américain a décrit comme de « grands progrès » en vue d’une reprise des négociations.
Dans un message vocal publié sur sa chaîne officielle Telegram, Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien, déclare : « L’ennemi [américain], dans sa nouvelle stratégie, cherche, à travers un blocus naval, une pression économique et une manipulation médiatique, à détruire la cohésion du pays afin de nous contraindre à nous rendre. »
Carte
L’ampleur des dégâts sur les bases américaines sous-estimée, selon une enquête du « Washington Post »
Une enquête publiée jeudi par The Washington Post, s’appuyant sur des images satellites, révèle que les attaques iraniennes contre des bases américaines au Moyen-Orient depuis le début du conflit ont causé des destructions nettement supérieures à ce qu’a reconnu le Pentagone.
Au total, au moins 228 structures – hangars, casernes, dépôts de carburant, systèmes antiaériens et de communication – auraient été endommagées ou détruites. Washington a officiellement reconnu sept morts (six au Koweït, un en Arabie saoudite) et plus de 400 blessés depuis le 28 février.
Mais l’ampleur des destructions matérielles dresse un tableau bien plus sombre, et suggère que certaines infrastructures américaines se sont révélées plus vulnérables qu’anticipé face aux frappes iraniennes. Plusieurs bases auraient même été partiellement évacuées, jugées trop exposées pour maintenir leurs effectifs normaux. La Russie a été accusée de partager des renseignements militaires avec l’Iran, en lui fournissant notamment des images par satellite et des technologies de drones améliorées, afin d’aider Téhéran à cibler des forces américaines et alliées au Moyen-Orient, rapporte The Wall Street Journal.
Le journal rappelle que les principaux fournisseurs d’images satellites, dont Planet Labs et Vantor, auraient limité ou retardé la diffusion de clichés de la région à la demande du gouvernement américain. Pendant ce temps, des médias proches de Téhéran publiaient régulièrement des images haute résolution de leurs frappes.
Financièrement, le conflit pèse lourd. Le contrôleur du Pentagone évoque un coût d’environ 25 milliards de dollars, mais des sources parlementaires citent des estimations internes allant de 40 à 50 milliards.
Les marchés mondiaux sont transportés mercredi par l’espoir d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran, ramenant les prix du brut autour de 100 dollars le baril et dopant les Bourses.
L’enthousiasme des marchés s’appuie sur la dégringolade des prix du pétrole, qui oscillent désormais autour du seuil symbolique de 100 dollars avec la perspective de la réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % de l’offre mondiale.
Vers 16 heures, le brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, cédait 6,36 % à 102,88 dollars, peu après avoir dégringolé de plus de 10 %. Le WTI américain retombait à 96,12 dollars le baril (- 6,01 %).
Dans le même temps, un vent d’optimisme souffle sur les marchés financiers : vers 16 heures, en Europe, l’indice du CAC 40 à Paris progressait de 2,89 % tandis que le Francfort DAX prenait 1,89 %. Londres (+ 2,10 %) et Milan (+ 2,05 %) confirmaient l’appétit renouvelé des investisseurs pour l’achat de titres et la prise de risques. A Wall Street, dans les premiers échanges, le Dow Jones gagnait 0,92 %, l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, prenait 1,01 % et l’indice élargi S&P 500 avançait de 0,78 %.
Le franchissement du canal de Suez par le porte-avions français Charles-de-Gaulle permet d’envoyer « le signal que non seulement nous sommes prêts à sécuriser le détroit d’Ormuz, mais que nous en sommes aussi capables », a déclaré un conseiller d’Emmanuel Macron, cité par l’Agence France-Presse (AFP).
Il affirme parler au nom de la coalition des pays non belligérants lancée en avril à Paris en vue d’une mission « neutre ».
Article réservé aux abonnés Christophe Leribault, nouveau président du Louvre : « Je ne suis pas là pour défaire le travail de mes prédécesseurs »
Article réservé aux abonnés Au Maroc, entre Mohammed VI et son fils, « la transition n’a pas commencé, même si elle est dans toutes les têtes » : extraits du livre-enquête « Le Roman d’un roi »
Article réservé aux abonnés Rapport Alloncle sur l’audiovisuel public : quatre chiffres-clés exagérés ou décontextualisés
Article réservé aux abonnés Au procès de l’affaire libyenne, l’émouvante plaidoirie des avocats des parties civiles : « L’inversion victimaire a commencé il y a des années »
Article réservé aux abonnés Sébastien Lecornu se résout à envisager une hausse des aides économiques pour faire face à la prolongation de la guerre au Moyen-Orient
La France propose aux Etats-Unis et à l’Iran de « traiter la question d’Ormuz à part » du reste du conflit et des négociations, car « elle est d’intérêt commun », et présente ses « exigences » pour lancer une mission multinationale de sécurisation du détroit, a déclaré mercredi l’Elysée.
« Nous pouvons offrir à l’Iran de passer à nouveau à travers le détroit d’Ormuz, nous pouvons permettre que ses tankers passent dans le détroit d’Ormuz à une condition, c’est que l’Iran accepte de s’engager dans la négociation sur le fond à laquelle les Américains l’invitent. Ce que nous disons aux Américains, c’est qu’ils doivent lever leur blocus d’Ormuz et empocher la disponibilité de l’Iran pour négocier sur les questions de fond », a dit la présidence française à des journalistes.
Le chef de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a juré mercredi depuis le sud du Liban de démanteler le Hezbollah. « Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l’affaiblir », a déclaré M. Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans la région de la ville libanaise de Khiam.
L’armée est également « en état d’alerte élevé pour reprendre une opération forte et puissante » si nécessaire face à l’Iran, pour « approfondir [ses] acquis et affaiblir davantage le régime », a-t-il ajouté.
« L’Iran fait confiance à la Chine et compte sur elle pour continuer à jouer un rôle actif dans la promotion de la paix et la résolution du conflit dans la région, ainsi que pour soutenir la mise en place d’un nouvel ordre régional d’après-guerre capable de concilier développement et sécurité », a écrit sur X Abbas Araghtchi, le chef de la diplomatie iranienne, à l’issue d’une visite à Pékin sur fond de tractations diplomatiques pour un règlement du conflit régional.