La nouvelle mairie Rassemblement National (RN) de Carpentras (Vaucluse) a voté en conseil municipal la suppression de la subvention accordée au Planning familial, une décision « symbolique » selon l’association féministe qui a dit, samedi 6 juin, ne pas en être surprise. Dans une volonté de conjuguer « générosité et responsabilité », selon le site Web de la mairie, le conseil municipal a voté vendredi les subventions accordées à plusieurs associations.
Lire aussi | Education à la vie affective : le Sidaction, le Planning familial et SOS Homophobie déplorent une disparité territoriale persistante dans sa mise en œuvreSelon le site d’information Ici Vaucluse, la subvention annuelle allouée au Planning, association historique de défense du droit à la contraception, à l’avortement et à l’éducation à la sexualité, a été supprimée. Contactée par l’Agence France-Presse (AFP), la municipalité de Carpentras n’avait pas répondu samedi.
« On est dans le combat d’idées, leurs valeurs sont fondamentalement opposées aux nôtres », a réagi auprès de l’AFP Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial dans le Vaucluse. Le montant de cette subvention est de 3 000 euros, a-t-elle précisé. Anne-Lise Nadaud explique qu’après l’élection municipale, « on avait compris que c’était mal parti pour la reconduction de cette subvention allouée depuis fort longtemps ».
Cette subvention ne pesait pas lourd sur « les centaines de milliers d’euros de budget global », mais sa suppression est « symbolique » : « On est sans cesse en train de montrer notre engagement, notre investissement, dans une démarche de prévention, d’éducation populaire et auprès d’un public vulnérable », souligne Anne-Lise Nadaud qui se dit « inquiète face à cette montée grandissante du RN ».
Sur son site Web, la mairie de Carpentras ne mentionne pas le cas particulier du Planning familial, mais explique que « la situation budgétaire calamiteuse de la ville, héritée de l’ancienne majorité, oblige en outre la commune à redoubler de rigueur dans sa gestion financière ».
En 2020, Hervé de Lépinau, l’actuel maire de Carpentras et fervent catholique, avait comparé l’avortement à un génocide ou aux « crimes de Daech », alors qu’il était conseiller départemental du Vaucluse.
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