Jacques Audibert, alors directeur politique du ministère français des affaires étrangères, lors des pourparlers sur la question nucléaire, au siège des Nations unies, à Genève (Suisse), le 15 octobre 2013. FABRICE COFFRINI/AP

« Gling, gling, gling ! » Gérard Araud, taquin, lève son verre pour un toast : « A la bombe ! », lance le représentant permanent de la France auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU), savourant l’effet de son ironie auprès de ses convives. En ce printemps 2010, au 740 Park Avenue, siège de la résidence de l’ambassadeur à New York, est réunie une partie de « la secte », venue assister à la conférence d’examen du traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Petit corps d’élite au sein de la direction des affaires stratégiques du ministère des affaires étrangères, les « gardiens de l’atome », comme on les surnomme parfois, adhèrent au dogme qui fait de l’arme atomique le trésor sacré de la nation dont aucune puissance non dotée ne doit s’emparer. Fils spirituels de la philosophe Thérèse Delpech (1948-2012), théoricienne angoissée de « l’ensauvagement du monde », énarques pour la plupart, atlantistes et « faucons », ils ont bâti leur carrière dans les instances multilatérales, à distance du gaullo-mitterrandisme cher à la plupart des diplomates français. Leur expertise est à l’époque reconnue par les Etats-Unis et leur fermeté à l’égard du programme nucléaire iranien, appréciée de l’Etat hébreu.

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