L’affaire relance les appels à la transparence sur les finances de la famille royale britannique. L’ex-prince Andrew a sous-loué pendant des années des cottages dans la résidence royale où il vivait lui-même sans payer de loyer, selon un rapport publié vendredi 5 juin.
Le rapport du National Audit Office, le contrôleur des comptes britanniques, doit servir de base à une future enquête parlementaire sur les propriétés royales, annoncée en décembre dernier. L’opacité qui entoure l’usage de ces résidences et plus largement les finances royales suscite un débat depuis des années, qui s’est renforcé avec la disgrâce de l’ex-prince Andrew.
Le rapport publié vendredi met notamment au jour des arrangements embarrassants pour Andrew Mountbatten-Windsor, déchu de ses titres en 2025 après de nouvelles révélations sur ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Andrew, la déchéance princière du mouton noir des WindsorIl révèle que le frère du roi Charles III a sous-loué trois cottages jusqu’à avril dernier dans la résidence de Royal Lodge située sur le domaine royal de Windsor près de Londres, où il a vécu entre 2003 et cette année. Les revenus ont été « versés à Andrew Mountbatten-Windsor », une pratique autorisée selon le contrat de bail et également utilisée par Edward. Mais « nous ne savons pas quel loyer était facturé », précise toutefois le contrôleur des comptes.
Pour occuper le manoir principal de 30 pièces, où il cohabitait avec son ex-épouse Sarah Ferguson, Andrew avait initialement payé une prime d’1 million de livres, et s’était engagé à dépenser 7,5 millions de livres (8,6 millions d’euros) en travaux, en échange d’un bail de soixante-quinze ans à un loyer dit symbolique, « mais qui est en réalité de zéro », selon le rapport.
D’après des médias britanniques, les cottages étaient sous-loués à des employés pour un montant couvrant leur maintenance et les coûts d’occupation.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Jeffrey Epstein dans « Le Monde », de l’ami douteux du prince Andrew à l’épine dans le pied de Donald Trump« Manquement dans l’exercice d’une fonction publique »
L’ancienne présidente de la commission parlementaire aux comptes publics Margaret Hodge a jugé « choquantes » les révélations du rapport et s’est surtout dite « très inquiète » que le NAO n’ait pu obtenir le montant des loyers touchés par le frère du roi. Elle a aussi souligné que le rapport reste partiel sur l’ensemble des propriétés sous la responsabilité du Crown Estate, l’entreprise gérant le vaste patrimoine foncier et immobilier de la Couronne et qui fonctionne indépendamment du gouvernement et de la famille royale.
Le Monde Application La Matinale du Monde Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer Télécharger l'application Newsletter abonnés « International » L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine S'inscrire Evénement Les Amphis de l'info À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre. Découvrir Le Monde Mémorable Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde » Explorez nos leçons et quiz interactifs Découvrir Newsletter « A la une » Chaque matin, parcourez l'essentiel de l'actualité du jour avec les derniers titres du « Monde » S'inscrire Evénement Les Amphis de l'info À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre. DécouvrirLe député (libéral-démocrate) Norman Baker, dont le parti réclame depuis longtemps davantage de transparence sur les finances royales, a lui dénoncé une pratique « outrageante », qui dénote d’« un mépris absolu pour le contribuable ».
Le rapport révèle également que les filles d’Andrew, Beatrice et Eugenie, qui ne sont pas des membres actives de la famille royale, vivent depuis des années dans des palais à Londres. Leurs loyers sont payés personnellement par le roi, qui a poursuivi un arrangement mis en place par la défunte reine Elizabeth II. De son côté, l’héritier du roi, le prince William, paie 300 000 livres (environ 347 000 euros) de loyer annuel pour occuper la résidence de Forest Lodge à Windsor, où il a emménagé l’an dernier avec sa famille.
Le rapport est « conforme à l’engagement de la maison royale en matière de transparence », a réagi le palais de Buckingham, disant espérer qu’il « corrige, clarifie et contextualise un certain nombre de points au sujet des propriétés royales ».
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Affaire Epstein : au Royaume-Uni, la police se penche sur le cas d’Andrew Mountbatten-WindsorAndrew, qui a dû quitter Royal Lodge et vit depuis peu sur le domaine privé du roi à Sandringham, dans l’est de l’Angleterre, est sous le coup d’une enquête de police pour « manquement dans l’exercice d’une fonction publique ». Il est soupçonné d’avoir transmis des documents économiques confidentiels à Jeffrey Epstein lorsqu’il était émissaire du Royaume-Uni au commerce entre 2001 et 2011.
Il a été brièvement arrêté en février et la police a perquisitionné Royal Lodge, mais cette enquête pourrait prendre « plus d’un an » en raison de sa « complexité », a prévenu jeudi le directeur du bureau du procureur pour l’Angleterre et le Pays de Galles, Stephen Parkinson.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au Royaume-Uni, la monarchie et le gouvernement sous le feu de l’affaire Epstein S’abonner