Jacinta Ngobese-Zuma, cofondatrice du mouvement March and March, lors d’une manifestation contre l’immigration illégale, au Cap, le 23 mai 2026. RODGER BOSCH/AFP

Début 2025, peu de Sud-Africains connaissaient son nom. La notoriété de Jacinta Ngobese-Zuma se limitait alors à la province du Kwazulu-Natal, sur la côte est du pays, où elle animait chaque matin, sur Vuma FM, une émission en langue zouloue mêlant musique, conseils de vie et interventions d’auditeurs. Son audience a considérablement gonflé depuis. A coups de slogans et de saillies xénophobes, la militante est devenue l’une des chefs de file du mouvement à l’origine des violentes manifestations organisées à travers l’Afrique du Sud, depuis mi-mars, pour réclamer l’expulsion des étrangers en situation irrégulière.

Les rassemblements, d’abord concentrés dans le Kwazulu-Natal, ont, au fil des mois, gagné la ville d’East London, puis les banlieues de Johannesburg, de Bloemfontein, ou encore les environs du Cap. Cette vague de colère a fait au moins deux morts, des ressortissants mozambicains tués, le 30 mai, dans des attaques xénophobes, selon la police sud-africaine. Le gouvernement de Maputo évoque, pour sa part, sept victimes. A l’image du Ghana, le Mozambique a déjà commencé le rapatriement de ses ressortissants qui le souhaitent. Le Nigeria et le Malawi entendent faire de même sous peu.

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