Sur la longue table à manger du séjour, traîne le dernier numéro de la Süddeutsche Zeitung, le grand quotidien de centre-gauche édité à Munich. Dans la colocation, la lecture du journal sert de base aux discussions entre les sept habitants du lieu – deux couples et trois célibataires –, âgés de 64 à 77 ans, plus un chien. « La stimulation intellectuelle est un des buts de cette forme de vie collective, au même titre que le sentiment de sécurité qu’elle nous procure. Nous avons décidé d’être là les uns pour les autres jusqu’à la fin de notre vie », explique Ulrike Arnold, 67 ans, les mains serrant une tasse à café.
Vivre ses vieux jours en communauté choisie, respectueuse de la liberté et de l’autonomie de chacun, en préparant ensemble leur déclin physique et leur mort, est la promesse de la colocation qu’elle a lancée avec son mari Harald, en 2018. Le déclic a été le décès de sa propre mère, en 2013, qui l’a forcée à réfléchir à sa fin de vie. Il a ensuite fallu trois ans pour trouver un appartement adapté. « A l’époque, nous étions des pionniers : quand nous avons cherché des colocataires, nous avons été très surpris du peu d’enthousiasme que ce concept suscitait. Depuis, les mentalités ont bien changé », poursuit Ulrike.
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