Des députés israéliens au Parlement, lors d’une séance consacrée à l’examen d’un projet de loi visant à dissoudre le gouvernement, à Jérusalem, le mercredi 20 mai 2026. OHAD ZWIGENBERG / AP PHOTO

C’est un nouvel épisode qui témoigne de la brutalisation du débat public en Israël. Dans la soirée de mercredi 3 juin, plusieurs dizaines d’ultraorthodoxes juifs ont attaqué le domicile d’un des vice-présidents de la Cour suprême, Noam Sohlberg, en marge de leur mouvement de protestation contre la conscription des haredim, les étudiants en religion. Les dégâts matériels sont restés limités mais la scène a choqué. Une soixantaine de suspects ont été interpellés.

Renfermé sur lui-même, presque en sécession depuis des années, le mouvement ultraorthodoxe refuse, pour des raisons religieuses, toute mobilisation dans l’armée. Ses députés, qui font partie de la coalition au pouvoir, ont pesé de toutes leurs forces, ces derniers mois, pour éviter que le gouvernement n’applique une décision de la Cour suprême mettant fin au privilège, instauré en 1948, qui donne aux haredim la possibilité d’échapper, de facto, au service militaire obligatoire. Un projet de loi, défendu par le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, devait permettre – tout en affichant le contraire – de maintenir l’essentiel de ces privilèges. Mais le gouvernement n’a pas trouvé de majorité pour faire voter ce texte, conduisant à l’explosion de la coalition, fin mai, et à des élections légèrement anticipées, au début de l’automne.

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