Un panneau d’affichage montrant Rais Ali Delvari, héros national d’un soulèvement du début du vingtième siècle contre les forces britanniques (à droite), et Alireza Tangsiri, chef de la marine des Gardiens de la révolution qui commandait la fermeture du détroit d’Ormuz, tué fin mars 2026, sur un bâtiment au centre-ville de Téhéran, le 20 avril 2026. VAHID SALEMI / AP
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Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a appelé à « maintenir une préparation à 100 % » face à la possibilité de nouvelles attaques américaines, selon une vidéo diffusée par l’agence de presse Fars. Il existe une « forte probabilité » de nouvelles frappes, a-t-il déclaré, estimant que les États-Unis n’ont pas encore atteint leurs objectifs de guerre, malgré l’élimination de nombreux hauts responsables iraniens.
M. Ejei a également affirmé que l’Iran répondrait à la saisie par les États-Unis d’un cargo battant pavillon iranien dans le golfe d’Oman dimanche, dénonçant une « violation » du cessez-le-feu. « Le blocus naval dont [les États-Unis] parlent constitue sans aucun doute une violation manifeste, et la République islamique répondra assurément », a-t-il ajouté.
Un homme condamné pour avoir tenté d’incendier une importante mosquée de Téhéran et pour collaboration avec Israël et les Etats-Unis au cours des manifestations de décembre et janvier a été exécuté mardi 21 avril, a annoncé le pouvoir judiciaire iranien.
« Amir Ali Mirjafari (…), l’un des éléments armés collaborant avec l’ennemi ayant tenté d’incendier la grande mosquée de Gholhak [un quartier de Téhéran], et qui dirigeait les activités antisécurité du Mossad dans la zone, a été pendu ce matin », a déclaré l’agence Mizan, organe du pouvoir judiciaire.
Il a précisé que la condamnation à mort, confirmée par la Cour suprême d’Iran, était fondée sur le fait qu’il avait agi pour le compte « du régime sioniste, du gouvernement américain hostile et de groupes hostiles contre la sécurité du pays ».
Selon Mizan, ces agissements ont eu lieu au cours du vaste mouvement de contestation apparu en Iran fin décembre en réaction à la hausse du coût de la vie, et qui avait évolué en manifestations antigouvernementales d’ampleur nationale, culminant les 8 et 9 janvier. Les autorités iraniennes ont déclaré que les manifestations avaient commencé pacifiquement avant de se transformer en « émeutes fomentées par l’étranger ».
Le pouvoir a reconnu plus de 3 000 morts dans les manifestations, mais impute les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les Etats-Unis et Israël. Ces dernières semaines, l’Iran a procédé à de nombreuses exécutions de personnes impliquées dans les manifestations et accusées par les autorités d’agir pour le compte d’Israël, des Etats-Unis ou de groupes d’opposition, notamment des membres de l’organisation interdite des Moudjahidin du peuple.
Dans un entretien avec la radio France Inter, mardi, Fatih Birol, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a mis en garde contre des « conséquences terribles pour tout le paysage mondial de l’économie » après plusieurs semaines de guerre au Moyen-Orient, marquées par le blocage du détroit d’Ormuz et la hausse des prix de l’énergie.
« C’est effectivement la plus grosse crise de l’histoire », a-t-il expliqué, évoquant une situation combinant « cette crise pétrolière » et « la crise du gaz avec la Russie ». « C’est déjà une crise énorme, mais ce n’est pas simplement le pétrole et le gaz, c’est également les engrais, les pétrochimiques, le souffre, tous ces produits qui vont manquer, pousser l’inflation dans le monde entier, et notamment dans les pays émergents et en développement, cela va freiner la croissance », a-t-il ajouté.
Le marché de l’énergie, « c’est des dizaines de trillions de dollars qui sont à la merci d’une poignée de personnes, d’une centaine de personnes qui ont des canons, qui surveillent un détroit d’une cinquantaine de kilomètres de large, enfin c’est absurde », a-t-il poursuivi.
Selon lui, même en cas de réouverture du détroit d’Ormuz, un retour à la normale des prix de l’énergie pourrait prendre « deux ans ». Il ajoute que « les choses ne se rétabliront pas rapidement » et « ce sera très progressif », car « le marché de l’énergie sera très volatil ».
Fatih Birol a dit s’inquiéter « beaucoup plus pour l’Afrique que pour l’Europe », estimant que « les pays émergents, comme le Bangladesh, le Pakistan (…) vont rencontrer de réelles difficultés ». « Ça va commencer par un ralentissement de la croissance économique dans ces pays, une perte d’emploi, un chômage qui va se généraliser », avant de se transformer en « spirale de la dette », a-t-il expliqué.
En France, « la population (…) pourra souffrir parce qu’il y aura des prix à la pompe plus élevés », mais « ce qui va s’aggraver, c’est l’inflation en général et il y aura des effets négatifs sur le pouvoir d’achat », a-t-il insisté.
Malgré tout, cette crise pourrait représenter « l’opportunité de retracer la carte énergétique mondiale », avec des « gagnants », tels que « les renouvelables », « le nucléaire » ou encore « les voitures électriques ». « En plus de cela, je crois qu’il y aura des pays asiatiques qui pourront se servir plus du charbon, leur propre charbon qui coûtera moins cher », a-t-il ajouté.
En cause : l’envolée des prix du carburant d’aviation liée aux problèmes d’approvisionnement engendrés par la fermeture du détroit d’Ormuz. Certains aéroports redoutent la panne sèche cet été.
« L’objectif stratégique de la campagne au Liban est le désarmement du Hezbollah (…) grâce à une combinaison de mesures militaires et diplomatiques », a déclaré mardi le ministre de la défense israélien, Israel Katz. Il s’exprimait lors d’une cérémonie à l’occasion de la journée nationale en hommage aux soldats tués lors des guerres d’Israël.
Un cessez-le-feu émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, et de nouvelles discussions « directes » entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a déclaré lundi à l’Agence France-Presse (AFP) un responsable de la diplomatie américaine.
Mais le ministre de la défense a menacé le gouvernement libanais d’une poursuite des opérations militaires, s’il « continue de ne pas respecter ses obligations ». « Nous agirons de la même manière face aux tirs » provenant du Liban, a déclaré M. Katz.
Lundi, un porte-parole en langue arabe de l’armée israélienne a mis en garde contre tout retour les habitants de plusieurs villages du sud du Liban, affirmant que les activités du Hezbollah dans la zone constituaient une violation du cessez-le-feu.
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