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Près du lieu de la découverte du corps, entre Mirepoix et Puycasquier (Gers), lors des recherches menées pour retrouver Lyhanna, une fillette de 11 ans disparue, le 4 juin 2026. ED JONES / AFP
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Confiée à un juge d’instruction, l’enquête sur les circonstances de la disparition de Lyhanna n’est pas sous la responsabilité du parquet d’Auch, mais de celui d’Agen. C’est d’ailleurs le procureur de la République d’Agen, Olivier Naboulet, qui a annoncé jeudi soir sur la découverte d’un corps près de Puycasquier, au sein d’une exploitation agricole, et non pas la procureure d’Auch, Clémence Meyer, qui avait assuré les premières communications publiques.
D’après Philippe Rigault, président du tribunal judiciaire d’Auch, ce choix résulte du fonctionnement classique des deux juridictions : « A partir d’un certain quantum de peine (le niveau de sanction pénale qui peut s’appliquer), qui correspond à ce qu’on appelle le gros criminel, nous transférons toujours les dossiers à Agen », précise le magistrat.
Plus important en taille, le parquet d’Agen dispose d’un pôle criminel. Pour un homicide sur mineur de moins de quinze ans, la peine maximale encourue est la réclusion criminelle à perpétuité.
Selon les informations du Parisien, confirmées par Le Monde, la direction de la gendarmerie nationale a demandé, jeudi soir, à toutes les unités un état des lieux des procédures en cours de viols et agressions sexuelles sur mineurs.
« Dans le contexte de la disparition d’une jeune fille âgée de 11 ans, dans le Gers, le vendredi 29 mai, il apparaît que l’auteur présumé de cet enlèvement était déjà visé, depuis plusieurs mois, par une enquête ouverte pour viols sur mineure, note le haut gradé de la direction de la gendarmerie nationale dans son telex que nous avons pu consulter. Au regard de la gravité et de la sensibilité de ces affaires dans lesquelles des mineurs sont victimes, il vous est demandé de faire établir dans les plus brefs délais, par vos unités subordonnées, un état des procédures en cours de viol et agression sexuelle sur mineurs (...). Vous vous assurerez à cet égard que chacune de ces procédures est bien signalée comme sensible et urgente ».
Et de poursuivre : « Dans chaque cas, il convient [de vérifier] (...) que les actes d’enquête sont diligentés dans les délais les plus brefs et que les moyens engagés sont adaptés, notamment au travers du recours aux unités de recherches. L’appui de l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) peut également être sollicité lorsque la nature des faits le justifie ».
Le haut gradé insiste enfin sur la nécessité de faire remonter « toute difficulté constatée sur ces procédures (...) en mentionnant le constat et les mesures prises » pour y remédier. Une manière de s’assurer que d’autres affaires ne fassent pas l’objet de dysfonctionnements futurs, à l’heure où le traitement de cette procédure par la gendarmerie et la police fait l’objet de critiques politiques très vives.
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« Les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû se passer, c’est une évidence, et c’est inacceptable », dit Emmanuel Macron
« Il est clair qu’il y a un dysfonctionnement, et que nous ne pouvons pas ne pas voir que des failles se sont révélées », a déclaré ce midi Emmanuel Macron du Monténégro, où il est arrivé jeudi. « Aujourd’hui, nous avons un système collectif sur la protection de nos enfants qui doit être encore amélioré et rehaussé. »
Les enquêtes administratives « très rapides » devront établir « les responsabilités collectives, systémiques et les responsabilités éventuellement individuelles et prendre toutes les mesures requises », a ajouté le président. « On ne lâchera pas. »
« Les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû se passer, c’est une évidence, et c’est inacceptable, a affirmé le président français. On ne peut pas accepter ce qu’il s’est passé ; on ne peut pas regarder en face sa famille et lui dire que tout s’est bien passé, c’est faux. Comme vous, je suis choqué par ce qu’il s’est passé. »
La réalisatrice Andréa Bescond a appelé à des rassemblements « devant tous les tribunaux de justice partout et à travers la France » lundi 8 juin à 19 heures. Sur son compte Instagram, Andrea Bescond, qui estime que l’affaire Lyhanna est « l’injustice de trop », réclame « de la prévention, de la justice, des moyens » et encourage le plus grande nombre à s’organiser pour exprimer « pacifiquement [sa] colère face à cette gangrène pédocriminelle et l’impunité des agresseurs d’enfants ».
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Le ministre de la justice sera l’invité du journal télévisé ce soir, annonce la direction du groupe TF1 dans un communiqué. Gérald Darmanin répondra en direct aux questions d’Anne-Claire Coudray.
Le ministre de la justice invite tous les procureurs généraux à une réunion de travail au ministère lundi matin, à 8 h 30, a annoncé vendredi l’entourage du garde des sceaux, qui vient d’arriver à Matignon pour évoquer les failles judiciaires dans l’affaire Lyhanna.
Les critiques fusent de toutes parts sur les dysfonctionnements dans cette affaire, au lendemain de la découverte dans le Gers d’un corps, probablement celui de la collégienne de 11 ans disparue depuis le 29 mai.
Voici ce que l’on sait sur le suspect : Jérôme B. a 41 ans, il est père de deux enfants et Lyhanna est une amie de sa fille. Il a travaillé dans l’exploitation agricole dans laquelle a été retrouvé le corps, selon un responsable agricole gersois.
Depuis le début de la semaine, des révélations sur ses antécédents ont par ailleurs esquissé un profil inquiétant, avec plusieurs signalements et plaintes, notamment pour viol sur mineure.
En février 2021, Jérôme B. – alors agent d’entretien au lycée de Lectoure (Gers) – est « licencié » par la région Occitanie en raison d’une « relation inappropriée avec une lycéenne », selon la procureure d’Auch. Le suspect assurait depuis septembre 2018 des remplacements dans plusieurs lycées du Gers en tant qu’agent polyvalent d’entretien et de petite maintenance. « Son casier judiciaire (bulletin numéro 2) était vierge », insiste la région Occitanie auprès du Monde. Après le signalement de la proviseure du lycée pour « comportement inapproprié envers une lycéenne », une procédure disciplinaire est lancée, à l’issue de laquelle « il a été mis fin à son contrat », précise la région.