Live animé par Charlotte Herzog, Oscar Korbosli et Christophe Sales (service photo)
Mettre Le Monde en favori sur Google
Live en cours Article se déroulant en direct
Des policiers gardent un silo agricole où un corps a été découvert jeudi, lors des recherches menées pour retrouver Lyhanna, à Puycasquier (Gers), le 5 juin 2026. FREDERIC LANCELOT/AP
Posez votre question à la rédaction :
Ségolène Royal a appelé à la démission du garde des sceaux, Gérald Darmanin, qui a pointé « des dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l’Etat ». « Au pouvoir depuis 2017. Jamais ni à l’intérieur ni après, la protection des enfants contre les violences et agressions sexuelles n’a été une priorité ni fait l’objet d’une instruction aux commissariats pour que la parole des enfants et de leur mère soit suivie d’une décision ferme. Il faut un drame atroce pour communiquer. Stop. Dans n’importe quel pays il y aurait démission », a-t-elle écrit sur X.
Le parquet d’Agen a annoncé vendredi qu’« une information » serait « délivrée par voie d’un communiqué de presse avant 18 heures » dans l’enquête sur la disparition de Lyhanna dont le corps a probablement été retrouvé.
Au préalable, il avait expliqué qu’un temps de communication devrait intervenir en fin d’après-midi, ce vendredi.
Carte
Le Conférence nationale des procureurs généraux et la Conférence nationale des procureurs de la République partagent la « profonde émotion » suscitée par ce drame
Dans un communiqué commun publié après la découverte du corps de Lyhanna, la Conférence nationale des procureurs généraux et la Conférence nationale des procureurs de la République disent partager la « profonde émotion » suscitée par ce drame, et apportent leur soutien à la mission d’inspection lancée par les ministres de la justice et de l’intérieur. Celle-ci doit déterminer si des retards ou des dysfonctionnements sont intervenus dans le traitement des procédures visant le principal suspect.
Les deux instances appellent toutefois à la prudence, estimant qu’aucune responsabilité ne peut être établie ni aucune sanction envisagée avant les conclusions des inspections. Elles rappellent également avoir alerté à plusieurs reprises les ministres de la justice sur les difficultés rencontrées dans le traitement des enquêtes préliminaires, en raison notamment de l’engorgement des services d’enquête et de délais de traitement jugés « alarmants ».
Elles soulignent en outre que la priorité accordée à la lutte contre les violences intrafamiliales et le trafic de stupéfiants ne doit pas conduire à retarder d’autres dossiers, notamment ceux concernant des mineurs victimes ou des infractions sexuelles. Elles saluent enfin l’engagement quotidien des magistrats, policiers et gendarmes confrontés à ces contraintes de moyens.
Dans le Gers, sur la route entre Fleurance et Puycasquier, itinéraire que le suspect est susceptible d’avoir emprunté, une vingtaine de gendarmes ont interrogé les automobilistes, leur demandant s’ils avaient aperçu la voiture du suspect vendredi dernier.
Depuis le début de la semaine, des révélations sur les antécédents du suspect ont tracé un profil inquiétant, avec plusieurs signalements ou plaintes, notamment pour viol sur mineur.
Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a « l’impression qu’il faut des boucs émissaires, et vite. Il y a peut-être eu des dysfonctionnements, mais il n’y a que les rapports d’inspection qui peuvent dire ça ». Il pointe la multiplication des circulaires « sans se poser la question de savoir si les services ont la capacité de les intégrer », a-t-il dit à l’Agence France-Presse (AFP).
Le député du Gers David Taupiac avait alerté, lors d’une question au gouvernement en avril 2025, sur les difficultés de fonctionnement du tribunal d’Auch, « confronté à une pénurie de magistrats et de greffiers, ainsi qu’à des dysfonctionnements informatiques répétés ». « Ça a perturbé le travail de la justice », a déclaré le parlementaire à l’AFP vendredi.
Article réservé aux abonnés Résultats Parcoursup : « J’ai postulé à la NASA ou quoi ? », des candidats dénoncent des listes d’attente à rallonge
Article réservé aux abonnés HSBC mise en examen pour avoir aidé Riad Salamé à détourner des centaines de millions de dollars dans l’affaire des biens mal acquis libanais
Article réservé aux abonnés La guerre en Iran, loin de fragiliser la République islamique, l’a consolidée
Article réservé aux abonnés Un ambassadeur MAGA, masculiniste et ultraconservateur, mandaté pour ramener les touristes aux Etats-Unis
Article réservé aux abonnés La mort de Marjane Satrapi, autrice de « Persepolis », jalon de l’histoire de la bande dessinée
Article réservé aux abonnés France-Côte d’Ivoire : défaits, les Bleus brutalement rappelés à l’ordre avant la Coupe du monde 2026
La fédération France Victimes a appelé vendredi à la tenue d’un « Grenelle national sur les crimes commis contre les mineurs » pour « réunir l’ensemble des acteurs concernés » et « construire une politique globale » de protection des enfants.
Sur le modèle du Grenelle des violences conjugales en 2019, ce format associerait justice, forces de l’ordre, éducation nationale, santé, associations de protection de l’enfance et d’aide aux victimes et collectivités territoriales. « Ce que l’on a fait pour les violences faites aux femmes, il faut le faire pour les mineurs. On devrait pouvoir donner des Téléphones grave danger [permettant de contacter les forces de l’ordre en permanence] à des adolescentes, ordonner des interdictions de contact avec des enfants », a expliqué Jérôme Moreau, porte-parole de France Victimes.
L’association plaide pour évaluer « dès le dépôt de plainte ou un signalement », la situation de la victime pour « ordonner des mesures de protection immédiate », a dit à l’Agence France-Presse Anne-Sophie Gavriloff, porte-parole de cette fédération de 130 associations présentes auprès de 164 tribunaux judiciaires, et accompagnant quelque 500 000 victimes, dont 77 000 mineurs.
Les professionnels de premier recours – médecins généralistes, infirmières scolaires – devraient disposer d’une « base réglementaire » définie par une recommandation de la Haute autorité de santé pour pouvoir détecter les victimes.
La fédération insiste sur l’accompagnement des mineurs dès le dépôt de plainte, avec un administrateur ad hoc. « Il pourrait épauler des parents noyés dans la procédure judiciaire et leur expliquer comment contester un classement sans suite par exemple », a poursuivi M. Moreau. Rappelant que 73 % des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs sont classées sans suite, souvent pour manque de preuves, il a souligné que « les services d’enquête doivent collecter sans délai des preuves qui peuvent disparaître, faire des auditions et expertises très rapidement ».
Or la France manque de médecins légistes, dont certains départements sont dépourvus. Et les « auditions des auteurs et des victimes [sont] de plus en plus décalées dans le temps », au risque d’altérer la mémoire des mineurs, relève l’association, qui évoque aussi une mise en doute persistante de la parole des victimes de violences sexuelles, en particulier des enfants.