La jeune femme a la voix qui se brise, étouffée par ces trente années de souffrance, et hésite entre la colère et les larmes. Solène Leprince est la seule rescapée des crimes où ont péri dans un affreux bain de sang, son père Christian, sa mère Brigitte et ses deux sœurs, Sandra et Audrey, 10 et 6 ans, le 4 septembre 1994. Elle avait 26 mois, elle a 34 ans, deux enfants, et s’indigne d’avoir été alors manipulée pour obtenir la condamnation de son oncle, Dany Leprince, à la réclusion criminelle à perpétuité, avec vingt-deux ans de sûreté. Nicolas Bonnal, le président de la Cour de révision des condamnations pénales, saisi par l’émotion, l’a doucement remercié, jeudi 7 mai, et l’audience a eu du mal à reprendre ses esprits.
C’est la deuxième fois que Dany Leprince, après dix-huit ans de prison, demande qu’on révise sa condamnation. Une première demande avait été déposée en 2005, et la commission de révision, qui instruit le dossier, avait été, après cinq ans d’enquête, à ce point frappée par les béances de l’affaire qu’elle l’avait remis en liberté. Mais la Cour avait refusé la révision en 2011 et a de nouveau jeté le condamné en prison.
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