Article réservé aux abonnés
Mettre Le Monde en favori sur GoogleReportageDes habitants de la ville portuaire, cible de bombardements israéliens dévastateurs, appellent à déclarer la cité antique « ville ouverte » et démilitarisée, sans présence de groupes armés, dont le Hezbollah.
Des soldats de l’armée libanaise sont postés à l’entrée du quartier chrétien de Tyr (Sour), alanguis à l’intérieur de leur blindé. Un policier surveille les allées et venues sur le vieux port. En cet après-midi printanier, mercredi 3 juin, pêcheurs et habitants tuent le temps. Après plusieurs jours de bombardements israéliens, intenses et dévastateurs, le calme est revenu dans la cité portuaire du sud du Liban. Le déploiement militaire est destiné à rassurer les habitants après que l’armée israélienne a menacé, la veille, d’ordonner l’évacuation du quartier chrétien, alléguant de la présence d’armes et de combattants du Hezbollah.
Moins d’une heure après l’avertissement, l’armée libanaise s’est déployée dans la vieille ville. Le président de l’Union des municipalités de Tyr, Hassan Dbouk, a fait le tour du quartier, assurant que la situation était sous contrôle. Des soldats et des agents du renseignement ont fouillé les hôtels et des maisons à la recherche d’armes. Ils n’ont rien trouvé. « Il n’y a pas de combattants et d’armes du Hezbollah dans la vieille ville. Les Israéliens sont des menteurs », peste Camille Doro, un chrétien de 57 ans, propriétaire d’un café sur le vieux port. Attablé avec trois amis musulmans, il loue le vivre-ensemble qui règne dans la vieille ville.
« Nos amis musulmans travaillent avec nous et on boit l’apéro ensemble. Ils ne sont affiliés à personne, certainement pas au Hezbollah, poursuit l’aubergiste. Quand est survenu l’avertissement israélien, les jeunes du quartier n’ont laissé personne entrer. »
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