Une décharge située à côté d’un campement abritant des Palestiniens déplacés à Deir Al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 16 avril 2026. ABDEL KAREEM HANA/AP

C’est sous les cris terrorisés des enfants que le professeur Ayman Rihan a emporté Ritaj dans ses bras pour l’emmener à l’hôpital. Les vidéos qu’il a partagées par téléphone avec Le Monde le montrent tenant le corps inerte de l’enfant de 9 ans au regard figé et à la bouche débordante de sang (les autorités israéliennes interdisent l’accès de l’enclave à la presse internationale depuis deux ans et demi). Mais à l’hôpital Al-Shifa de la ville de Gaza, qu’Ayman a dû rejoindre sur une charrette tirée par un âne, faute de véhicules disponibles, la petite fille a été déclarée morte.

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Le matin du 9 avril, Ritaj Rihan a reçu une balle dans la bouche alors qu’elle suivait son cours de mathématiques sous une tente faisant office de classe, dans une école improvisée de Beit Lahya. Les tirs venaient de la zone contrôlée par l’armée israélienne, selon les témoins. Contactée à plusieurs reprises par Le Monde, l’armée n’a pas répondu.

« La scène me hante. Je ne suis pas capable de retourner à l’école, mon fils non plus. La moitié des élèves ne vient plus », témoigne l’enseignant traumatisé, contacté à distance comme tous les témoins de cet article. Les parents de Ritaj, eux, ne se remettent pas du choc. « Ma fille venait de reprendre les cours après plus de deux ans d’interruption due à la destruction des écoles. Mais les Israéliens ne veulent pas que nos enfants s’éduquent, ils veulent les tuer », confie, effondrée, sa mère, Ola, qui a perdu sa propre mère et sa sœur dans des bombardements israéliens durant la guerre d’anéantissement déclenchée après les attaques terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.

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